Le
03 mai est dédié aux journalistes pour rendre hommage à ses soldats de
l’information morts aux fronts. C’est également une occasion pour ceux présents
de témoigner des difficultés de ce métier. Ndèye Coumba Fall a ému plus d’un à
l’occasion de la journée mondiale de la liberté de la presse, célébrée au siège
de Breda/UNESCO.
« Parler
sans crainte ». Pour Ndèye Coumba Fall, le thème du
vingtième anniversaire de la journée
mondiale de la presse a bien servi de mur de lamentations.
La voix frémissait lorsqu’elle a commencé son
témoignage. Ndèye Coumba est journaliste de la presse sportive au quotidien
Stades. Mieux, elle couvre la lutte avec frappe. Ce qui n’a pas été facile. « en 2004, lors du combat Baboye contre
Moustapha Gueye, on m’avait interdit d’accéder aux lutteurs parce qu’on disait
que je suis une femme. Et que je pouvais gâcher leur préparation mystique »,
s’est-t-elle rappelé.
Cette Albert Londres de
la lutte était bien plus qu’une passionnée. Mieux, elle vivait ce sport au
quotidien pour avoir épousé un lutteur de l’écurie Fass. « Cela m’a coûté beaucoup dans l’exercice de mon métier. J’étais
perçue comme espionne à chaque reportage. C’était pas facile »,
a-t-elle confié sous un regard épaté des panélistes. Aujourd’hui ce n’est qu’un
vieux souvenir car elle a divorcé de son
« m’beur » (terme wolof signifiant lutteur). Egalement, elle ne
couvre plus jamais les combats de lutte.
Le 03 mai, journée
dédiée aux journalistes ayant perdu leur vie au prix d’informer, a une ambiance
bien particulière au siège de BREDA/UNESCO, ce matin. Tellement, la journaliste
a fait des révélations. Elle a fait part des difficultés que rencontrent les journalistes
pour la production de l’information. « Une fois nous étions en route pour
Kaolack quand des bandits ont arrêté notre véhicule. J’étais enceinte de trois
mois. J’étais ventre plat à même le sol.
Deux de mes consœurs ont été touchés par
les tirs des malfaiteurs », a-t-témoigné la journaliste
quotidien sportif Stades. Selon les panélistes, vingt-un journalistes sont
morts durant ces dix dernières années en Afrique sud saharienne. Pour cette
année, le thème retenu est : « parler
sans crainte : assurer la liberté d’expression dans tous les
médias ».
Ndèye Coumba Fall
évoque ses expériences avec émotion. Parfois, le métier de journaliste pour une femme peut
tourner au cauchemar. « Après le
combat opposant Balla Gaye II à Tyson, je m’étais rendue chez le vainqueur,
Balla pour mesurer l’ambiance. Soudain il y a coupure d’électricité. Des
inconnus m’ont agressé physiquement et ont déchiré mes habits. C’est la femme
de Balla Gaye II qui m’avait prêté son pagne », confie-t-elle.